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Malgré ce que tentent de faire croire les partisans d'une prohibition générale, l'alcool est une véritable bénédiction qui, à plusieurs reprises, a sauvé l'humanité et permis ainsi à notre (si gentille) espèce de coloniser les endroits les plus hostiles, les milieux les plus lointains et d'asservir ou d'éradiquer toutes les autres espèces animales ou végétales...
Revenons si vous le voulez bien à cette époque grandiose et exaltante du Paléolithique. Pour les plus niais d'entre-vous, sachez que le paléo (comme on l'appelle entre nous) est la période se situant avant l'invention de l'agriculture et de l'élevage, deux découvertes qui, soit dit en passant, allaient changer le cours de l'histoire humaine. Mais n'anticipons pas.
En ce temps là, pas de bistrot, pas de distributeurs automatiques de pizza, quasiment aucune buvette dans les stades. L'humain se faisait chier. Il buvait de l'eau.
Or, cette eau, fallait pas compter sur la moindre station d'épuration ou traitement moderne : à cette époque on la buvait telle quelle, sortie de la rivière (ou de la flaque quand l'été était rude).
Autant dire que quand on buvait, on avait tendance à ingurgiter par la même occasion une foultitude de germes et miasmes peu ragoûtants qui, souvent, vous tordaient atrocement le bide quand ils ne vous envoyaient pas direct à la morgue (c'est une image, la morgue n'étant qu'une invention relativement recente).
L'eau, indispensable à la survie, était donc également source de mort.
Or, en cette époque de ouf, l'humanité n'était pas forte d'une demi douzaine de milliards de gonziers. Foutre non. Une poignée. Dix, douze, maxi. Se baladant par monts et par vaux à la recherche de bidoche et de points d'eau en évitant les couguars, les tigres et les koalas*.
Autant dire que quand il y avait un gugusse qui canait, c'était la merde pour tous ses collègues. C'était la survie de l'espèce toute entière qui était menacée.
C'est là que l'alcool entre en scène : le microbe et le virus, naturellement peu enclins aux soirées beuveries, rechignent à coloniser cette substance qui reste ainsi saine et vierge de tout miasme.
L'Humanité était sauvée.
Cela dit, comme l'alcool est beaucoup moins désaltérant que l'eau, faut en boire plus.
Un désagrément somme toute pas si grave...
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(*) : À l'époque, le koala était très redouté, notamment à cause de l'odeur de suppositoire à l'eucalyptus qu'il dégageait. Dieu merci, le Progrès a résolu le problème en éradiquant presque totalement cette espèce obsolète.
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